Le travail agricole se partage

Dossier spécial publié dans le Fafsea Infos de Janvier-Mars 2014

 

Quelques chiffres :

  • 48 600 salariés agricoles travaillent dans un groupement d’employeurs (GE).
  • 150 000 salariés sont employés en travail partagé dans le secteur  agricole : services de remplacement, coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA) ou entreprises de travaux agricoles (ETA). Un chiffre en hausse mais encore largement insuffisant pour répondre à la demande.
  • 4 000 groupements d’employeurs (GE) agricoles et 9 GEIQ permettent, en France, de « partager » un personnel saisonnier ou à temps partiel.

Source : MSA/Fafsea, chiffres 2012

Qu’ils souhaitent partir en congé ou en formation, offrir un CDI à leurs saisonniers ou combler un déficit temporaire de main-d’œuvre, les exploitants peuvent s’appuyer sur une palette de services. Objectif : assurer la continuité de leurs activités, avec des personnels compétents et de plus en plus fidèles.

Partager des salariés
« Le dispositif groupement d’employeurs a connu un essor particulier en agriculture, en permettant le développement des emplois en milieu rural grâce à la pérennisation de l’emploi dans les petites entreprises ayant parfois des difficultés à embaucher, à elles seules, un emploi à temps plein », rappelle l’Accord relatif aux groupements d’employeurs (GE) agricoles et ruraux, signé par les partenaires sociaux le 13 juin 2012.

Initialement conçus pour répondre aux besoins en travaux saisonniers, les groupements, en plein essor, intéressent aussi les exploitants en quête de temps partiel. Leur principe : plusieurs employeurs d’un même bassin d’emploi se réunissent, en coresponsabilité, pour « partager » des salariés. Le groupement met ces derniers à la disposition des adhérents, selon leurs besoins. Une formule qui permet de proposer des CDI, de fiabiliser et de fidéliser le personnel.

En progression eux aussi, les groupements d’employeurs pour l’insertion et la qualification (GEIQ) fonctionnent sur le même principe, mais ils ont pour vocation de former, en alternance, des personnes en difficulté sur le plan professionnel.

Pour un exploitant, payer un salarié à temps plein s’avère souvent impossible, trouver la bonne personne très compliqué, et gérer l’administratif trop chronophage. Le groupement d’employeurs pallie heureusement ces difficultés.

Un salarie, plusieurs employeurs pour une expérience démultipliée

Grâce à la mutualisation des moyens, les GE présentent en effet l’avantage de fournir une main-d’œuvre formée, également forte d’une expérience démultipliée chez les différents adhérents. Certains employeurs font surtout appel à eux pour une fonction précise ou récurrente, comme la comptabilité, d’autres pour des aides ponctuelles, au moment de la récolte, ou lorsqu’un membre du GAEC* part en retraite, par exemple. « De plus en plus souvent, certains exploitants développent également une activité parallèle, comme l’accueil à la ferme. Ils ont alors besoin de renfort », note Gilles Duquet. Tous apprécient de pouvoir employer – et payer – du personnel juste le temps nécessaire, sept jours sur sept si besoin.

Autre atout des groupements : des procédures de recrutement aux démarches administratives en passant par les risques prud’homaux, ils épargnent aux exploitants toute la gestion des ressources humaines (sans pour autant leur enlever leur responsabilité de « co » employeurs). Les salariés, de leur côté, relèvent d’un seul employeur, le GE. Ils bénéficient d’une couverture conventionnelle, d’une représentation collective et d’une certaine sécurité de l’emploi. D’autant plus que, afin de leur offrir encore plus de stabilité, les GE s’ouvrent dorénavant à d’autres secteurs : à la grande distribution, par exemple, où, en été, certains pourront vendre les pommes de terre précoces ramassées quelques semaines plus tôt… De quoi favoriser leur fidélité. Afin de garantir la qualité de leurs emplois et de leur fonctionnement, une charte des groupements d’employeurs permettra par ailleurs bientôt de les labelliser.

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Fafsea infos (Janv-Mars 2014)
Dossier spécial sur l'emploi agricole
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